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Concours Acier 2026 : Le palmarès

L’objectif est de donner aux candidats l’opportunité de découvrir et explorer les possibilités architecturales et techniques de l’acier en concevant un ouvrage avec ce matériau. Depuis plus de dix ans, des centaines d’étudiants ont ainsi pu présenter leurs projets devant un jury composé d’architectes, d’ingénieurs, de journalistes et de spécialistes de la construction en acier. Les lauréats du concours sont récompensés par un prix 5 000 euros, leurs projets sont publiés dans la revue MATIÈRES et dans ce livret des prix de l’architecture acier et présentés au public lors de la Steel.in en octobre à Paris.

Composition du jury

Présidents : Anna-Maria Bordas et Miquel Peiro Architectes – Bordas + Peiro

François Guinaudeau, Architecte – Titan
Sabri Bendimérad, Architecte Enseignant à Paris Val de Seine
Emilie Hergott, Ingénieur – AREP
Iari Agez, Ingénieur – Jaill
Julien Piton, Ingénieur – Ingérop
Olivier Namias, Journaliste – AMC
Béatrice Durand, Journaliste/Chercheuse – LAVUE-LET
Valérie Wathier, Cheffe du bureau de l’enseignement et de la recherche en architecture au ministère

PREMIER PRIX

Charrette

Juliette Larsen, Tim Lesellier, Adèle Querard et Léa Lefort – ENSA Bretagne

Le site choisi pour le projet se situe au sud-est de Rennes, à la jonction entre une zone commerciale et des terres agricoles en périphérie. Il constitue un espace d’articulation entre différents paysages et usages : d’un côté le rural, de l’autre une urbanisation en expansion avec activités et commerces. On y trouve notamment une centrale à béton, des corps de ferme à revaloriser et des activités agricoles.

Inscrit dans une projection à l’horizon 2050, le projet s’appuie sur les perspectives de développement de Rennes Métropole, notamment la création d’un pôle d’échanges multimodal à proximité. La présence d’une voie ferrée nous amène à envisager le site comme une porte d’entrée, avec la création d’un nouvel arrêt de train.

Face à une société en mutation rapide, le projet interroge la notion de rythme en proposant un ralentissement. L’intégration du cheval permet de repacifier le quartier et de recréer du lien à travers le soin, l’apprentissage et la rencontre avec le vivant. Penser l’espace pour et autour de l’animal revient à repenser nos manières d’habiter.

Le cheval devient également une ressource : ses déjections sont valorisées dans un processus de méthanisation produisant énergie et matériaux. Le digestat issu de ce cycle est réutilisé comme fertilisant ou intégré à la fabrication de briques en terre crue enrichies de biomasse, plus légères et jusqu’à 25 % plus résistantes.

Le projet s’adapte à la diversité des sols : au nord, sur des surfaces déjà artificialisées, les constructions reposent sur des structures légères ; autour des fermes existantes, elles sont surélevées pour préserver le bâti ; au sud, dans les zones perméables, elles s’implantent sur pilotis afin de limiter l’impact sur le sol et de cohabiter avec les espaces dédiés aux chevaux.

Ce projet explore ainsi une hypothèse : celle d’un quartier capable de faire coexister différents rythmes, usages et formes de vie, pour une manière d’habiter plus lente, partagée et attentive au vivant.

DEUXIÈME PRIX

Traces Sociales

ThomasHenry, Romeo Caliari et Romy Bert-Marcaz – ENSA Paris Est

Le Bois de Vincennes résulte de siècles de transformations successives : domaine de chasse royal, parc paysager, espace militaire, sportif et récréatif. Cette superposition d’usages a laissé de nombreuses traces encore visibles, tandis que d’autres continuent de s’inventer quotidiennement à travers les pratiques spontanées de ses usagers.
Notre projet prend appui sur ces usages informels, révélés par des chemins de désir traversant plusieurs clairières le long de l’ancienne allée royale. Ces tracés témoignent d’une appropriation constante du lieu : marcher, se rencontrer, méditer, observer ou simplement s’arrêter. Plutôt que d’imposer un programme figé, nous proposons une architecture capable d’accompagner ces pratiques tout en laissant ouverte leur évolution future.
Face à un territoire dont les usages changent plus rapidement que les aménagements qui lui sont destinés, la réversibilité devient une condition de projet. Nous concevons ainsi une série d’infrastructures légères reposant sur un système constructif commun associant pierre de réemploi, et structure métallique démontable.
Le projet s’appuie sur des composants standardisés en acier assemblés exclusivement par boulonnage. Profils, caillebotis, couvertures peuvent être démontés, recomposés ou déplacés. Cette logique constructive permet à chaque intervention de changer d’usage, de se transformer ou d’être réimplantée ailleurs dans le Bois de Vincennes selon les besoins futurs.
L’acier devient ainsi le support d’une architecture évolutive, tandis que les pierres issues du dépôt lapidaire du château de Vincennes incarnent le temps long. Réemployées comme fondations, contrepoids ou mobilier, elles ancrent chaque intervention dans l’histoire du site et demeurent comme des traces archéologiques contemporaines.
Traces Sociales propose ainsi une architecture réversible pensée comme une infrastructure capable d’évoluer avec les usages plutôt que de les figer.

TROISIÈME PRIX

UNLOCKY

Inès Valandy et Basile Renaudin – ENSA Nantes

Pour répondre à la problématique de la réversibilité, nous avons choisi d’orienter notre point de vue sur celui de la transformation. Unlocky est une structure transformable en acier qui répond aux usages saisonniers de la plage de la Passerelle, située à Saint-Gilles-Croix-de-Vie.

Lors de la saison hivernale, la structure abrite un lieu de vie pour les surfeurs locaux. C’est à la mi-saison qu’elle se déploie de manière cinétique autour d’un axe de rotation et d’un système de balancier qui se compose de deux éléments principaux autour d’un moment : un poste de secours à l’arrière et une vigie d’observation à l’avant. Le tout est maintenu en hauteur grâce aux pieds qui permettent de soutenir la structure pendant son mouvement. Son déploiement est rendu possible grâce au déséquilibre entre les masses des deux cabines, le tout maintenu à l’aide de points d’accroche pour fixer les deux positions.

Ainsi, la structure exploite les possibilités de l’acier tout en optimisant son usage. Elle permet de produire différentes configurations d’espace tout en s’adaptant à son contexte et à ses usagers.