Solène Dianteill
« La construction métallique, une évidence »
Étudiante en sixième année au CHEC, section métal, Solène Dianteill a trouvé très tôt sa voie. Stages, mémoire, projets emblématiques, transition écologique : elle revient sur un parcours déjà bien ancré dans le monde professionnel, et livre sa vision d’un secteur qu’elle entend contribuer à transformer.
Quel est votre parcours avant d’intégrer le CHEC, le Centre des hautes études de la construction ?
J’ai obtenu mon bac S en 2020, puis intégré l’ESITC Paris, une école d’ingénieurs post-bac avec prépa intégrée, des bases scientifiques solides et des cours de spécialisation en construction dès la première année. J’avais déjà fait plusieurs stages au lycée ; je savais très tôt que je me destinais à ce domaine. En tout, j’ai réalisé six stages, des chantiers de maçonnerie à la conduite de travaux, jusqu’aux bureaux d’études structures.
Pourquoi la construction ?
Personne dans ma famille n’est ni scientifique ni dans le bâtiment. Mais grandir à Paris m’a donné une vraie sensibilité à l’architecture. J’étais plus scientifique que créative, et j’imaginais un métier concret, en évolution constante. C’est finalement le bureau d’études structures qui m’a conquise.
Comment fonctionne la formation CHEC/CHEM ?
Le CHEC est une sixième année de spécialisation, un vrai diplôme d’ingénieur. J’ai intégré la section métal. On démarre tous ensemble par un stage intensif de RDM (résistance des matériaux) pour consolider les bases de conception des structures, puis les cours se spécialisent par domaine. Dans ma promotion de 25 étudiants, le programme couvre les assemblages, le cheminement des efforts, le calcul en plasticité, les ponts métalliques… De septembre à avril, la formation est intensive et exigeante, portée par de nombreux intervenants de très haut niveau.
Un projet ou cours particulièrement marquant ?
Durant mon stage de fin d’études chez OMS, j’ai rédigé un mémoire sur les méthodes de calcul d’assemblages métalliques, avec notamment l’évaluation du logiciel IDEA StatiCa. J’y ai mesuré la complexité et la précision que ce domaine exige. Les cours d’assemblage de Maël Couchaux au CHEC ont prolongé cette découverte de façon très approfondie.
Quels sont, selon vous, les grands défis de la construction métallique ?
La transition écologique, sans hésiter. Le secteur émet encore beaucoup de gaz à effet de serre, et toute la chaîne doit se responsabiliser. Les leviers existent : réutilisation des matériaux, électrification des procédés comme les fours électriques. C’est l’enjeu de notre génération.
Et vous, comment comptez-vous y contribuer ?
Nous avons d’abord beaucoup à apprendre des professionnels en place, avant d’innover. Ma génération est sensible à la transition écologique et à l’inclusion. Nous pouvons œuvrer pour des environnements de travail plus ouverts, et appliquer concrètement des principes d’économie de matière et d’énergie.
Quel stage vous a le plus marquée ?
Le dernier, chez OMS. J’ai travaillé sur trois projets : une passerelle cyclopiétonne avec analyses dynamiques, la modélisation de coursives dans une structure mixte bois-béton, et les derniers étages du nouveau siège de Renault. J’y ai découvert la collaboration étroite entre ingénieurs, dessinateurs, atelier et conduite de travaux, d’autant plus riche qu’OMS sous-traite très peu.
Quels types de projets vous attirent pour la suite ?
L’étude et la réhabilitation des ouvrages existants : ponts, bâtiments, patrimoine. Ce qui est construit mérite d’être soigné et valorisé. La réhabilitation est techniquement passionnante et bien plus sobre écologiquement que le neuf.
Un conseil pour un étudiant qui hésite à se lancer dans les métiers de la construction ?
La construction est un domaine d’une grande diversité. Études de prix, conduites de travaux, études techniques, ouvrages d’art, patrimoine, infrastructures : il y en a vraiment pour tous les profils. Personnellement, je m’y épanouis pleinement. Chacun peut y trouver sa voie !

