12ème TROPHÉES DES EIFFEL DE  L’ARCHITECTURE

LAURÉAT CATÉGORIE APPRENDRE

UNIVERSITÉ PARIS DAUPHINE – UN CAMPUS AUGMENTÉ

façade paris Dauphine

Siège de l’OTAN jusqu’en 1967, le bâtiment de l’Université Paris Dauphine-PSL connaît depuis 2022 une transformation profonde sous la conduite de GPAA architectures. L’enjeu : faire émerger un campus du xxie siècle, à la pointe du numérique et du développement durable, en respectant un édifice dont les façades sont labellisées « Architecture contemporaine remarquable ». Le projet conjugue réhabilitation des bâtiments existants (71 000 m²) et construction d’une nouvelle aile de 5 000 m² livrée en 2025. Prenant place au cœur de l’ensemble, l’extension relie les ailes historiques et favorise les échanges pluridisciplinaires. L’intégralité de la superstructure, construite sur deux niveaux de sous-sol, est en ossature métallique. Des portiques double hauteur – composés de tubes PRS remplis de béton pour assurer leur stabilité au feu – hissent le bâtiment et ses planchers collaborants au-dessus du sol, préservant ainsi la continuité visuelle et d’usage de la cour. La légèreté de la construction et son assemblage rapide répondent aux contraintes de délais et de chantier en site occupé. Le métal est le matériau signature des façades. Au nord, un mur-rideau vitré rend lisibles depuis le hall les typologies d’espaces. Au sud, une double peau associe transparence et protection solaire : des volets pliants en aluminium anodisé s’ouvrent vers l’est ou l’ouest selon leur localisation. Confort, lumière naturelle et écriture architecturale sobre et raffinée, qualifient une transformation en cours alliant respect du patrimoine, innovation et durabilité.

Cour Paris Dauphine
Université Paris Dauphine
  • Maîtrise d’ouvrage : Université Paris Dauphine-PSL, EPAURIF
  • Architecte : GPAA architectures
  • Bureau d’études : CET Ingénierie
  • Constructeur métallique : Karpentr
  • Photographe : 11h45

LAURÉAT CATÉGORIE DIVERTIR

COMPLEXE SPORTIF DES AMANDIERS

Centre sportif les amandiers-terrain de foot

En bordure du quartier du xxe arrondissement de Paris, le centre sportif est situé dans un terrain enclavé entre un passage reconnu comme un important spot de street art et d’imposants immeubles de logements sociaux. Le bâtiment créé prend place le long de la venelle piétonne, renforçant son statut de « spot » par l’implantation d’un mur opaque de 45 m définissant le soubassement. Complété par les quatre terrains sportifs dont deux couverts, l’ensemble forme une enceinte uniforme qui génère en négatif un nouvel espace public par l’élargissement de la venelle au croisement de la rue des cendriers. L’ensemble des usages chauffés sont rassemblés dans un bâtiment au volume simple et à l’enveloppe métallique blanche. Cet objet simple est prolongé à l’arrière par une extrusion translucide en polycarbonate. ­L’archétype trivial du hangar, l’architecture la plus efficace pour accueillir des usages variés, se déshabille ainsi peu à peu. Alors que les terrains couverts se délestent des murs de partition, réduisant le volume à un simple toit, les terrains non couverts, définis uniquement par leurs clôtures, diluent peu à peu le périmètre de l’espace architectural. Le programme sportif oriente l’arbitrage entre priorisation de la quantité de surface couverte ou de la sophistication des dispositifs et matériaux mis en œuvre. Abritée par une structure métallique, blanche à l’extérieur et bleu à l’intérieur, la structure métallique veut rappeler l’importance de définir une architecture sans contenant, où la séparation entre ce qui l’habille et ce qui l’occupe est déterminante. Simplement habillé d’un bardage strié qui séquence la masse de l’enveloppe, l’équipement est organisé de façon à permettre une fluidité d’accessibilité. La salle du dojo située à l’étage joue quant à elle sur les nuances bleu foncé en contraste avec l’enveloppe mais en accord avec la pratique de la discipline qui nécessite des teintes profondes propices à la concentration. À l’inverse, au rez-de-chaussée, les espaces profitent d’une grande clarté grâce à la mise en œuvre soignée des parpaings qui offre à ce matériau industriel une qualité autre par l’attention portée à leurs jointures et au dessin fin des réseaux apparents. Imaginé comme un hangar sportif où seule sa fonction parle, le centre sportif se caractérise par une économie de décisions formelles. Alors que la totalité des terrains sont protégés par une maille métallique de teinte elle aussi blanche, le bâtiment s’intègre dans le site en s’effaçant derrière un simple mur en parpaing gris. De la même manière que les volumes, les surfaces offertes sont elles aussi pensées pour recevoir une pratique habitante structurante dans le quartier. Là où l’austérité se fait par la soustraction, la sobriété se fait ici par la multiplication : un mur qui est structure et second œuvre, une clôture qui dédouble un volume, un matériau industriel qui se révèle par son rapport à la lumière, rendant l’ensemble plus généreux en usage.

Centre sportif les amandiers-terrain de foot
Centre sportif les amandiers-salle de judo
  • Maîtrise d’ouvrage : Ville de Paris
  • Architecte : GRAAL
  • Bureau d’études : LGX ; A2C Sports
  • Constructeur : Cabrol
  • Photo : ConstruirAcier

LAURÉAT CATÉGORIE DYNAMIQUE

PASSERELLE MOBILE SUR LE CANAL DE LA MARLE – PORT DE VANNES

passerelle de la Marle

Dédiée aux mobilités douces et inscrite dans le port historique de Vannes (Morbihan), la passerelle réactive les bajoyers de l’ancienne écluse, transformés en deux places sur l’eau, dans une logique de sobriété constructive. Lauréate du concours en 2023, elle transforme le canal en lieu de vie au cœur de la promenade de la Rabine. Bancs, pelouses et platelage en bois composent de larges decks ouverts sur le canal, belvédères privilégiés pour observer les bateaux et les fêtes maritimes. Première œuvre construite sous sa signature, l’architecte Cecilia Amor conçoit une passerelle où la structure devient langage. L’acier révèle toute sa pertinence pour un ouvrage mobile, offrant légèreté, précision et finesse. La charpente métallique facettée déploie un squelette élancé, dont les branches rayonnent comme une étoile et sculptent la lumière du port. Les mâts en V évoquent l’univers du voilier ; la passerelle devient un signal contemporain dans le paysage portuaire historique. Le mécanisme et les dispositifs techniques sont intégrés avec sobriété : le poste de commande se réduit à un pupitre en bois discret et les caméras intégrées au mât d’éclairage permettent un pilotage à distance. La mise en lumière sublime la géométrie de la structure et accompagne le parcours nocturne. Nouveau signal de la promenade de la Rabine, la passerelle constitue un lien piétons-cycles qui accompagne le développement urbain vers la rive gauche.

passerelle de la Marle
passerelle de la Marle
  • Maîtrise d’ouvrage : Compagnie des Ports du Morbihan
  • Architecte : Atelier C3A
  • Bureau d’études : SETEC ISM
  • Constructeur métallique : Verchéenne
  • Photo : Charles Louis Migaud

LAURÉAT CATÉGORIE ESPACE PUBLIC

PLACE BASSE BÉRAUDIER, LYON PART-DIEU

Place basse Béraudier à Lyon
Photo : Romuald Nicolas

Au cœur de la transformation du pôle d’échanges multi­modal de Lyon Part-Dieu, la place basse Béraudier crée une nouvelle interface entre la ville, la gare et les mobilités. Le projet rassemble un nouvel accès au métro, une vélo­station de 1 500 places, une station de taxis, des commerces et trois niveaux de stationnement souterrain. Plus qu’un espace de distribution, la place devient un lieu public métropolitain, lisible, lumineux et animé.
Son accès est marqué par un vaste auvent circulaire métallique de 1 000 m² de 38 m de diamètre. Porté par 9 piliers élancés en inox brossé de 15 m de hauteur, cet ouvrage d’art forme un signal puissant dans le paysage de la Part-Dieu. Sa sous-face légèrement bombée, composée de 840 facettes hexagonales dépolies, capte les mouvements, la lumière et l’animation de la place. L’acier associe ici grande portée, finesse constructive et présence sculpturale, tout en créant un espace protecteur à l’échelle du quartier.
La mobilité douce est mise en scène par une rampe hélicoïdale aérienne de 100 tonnes, large de 4 m et longue de 80 m. Tel un ruban d’acier, elle accompagne les cyclistes vers le cœur de la vélostation et rend le parcours immédiatement visible depuis l’espace public. Au centre de la spirale, un jardin suspendu apporte lumière, respiration et temporalité à l’ensemble. Par leur géométrie et leur précision, l’auvent et la rampe transforment l’infrastructure en architecture et font de la place basse un paysage habité, reliant usages, mobilités et ville contemporaine.

Place basse Béraudier
Photo : ConstruirAcier
  • Maîtrise d’ouvrage : SPL Lyon Part-Dieu
  • Architecte : SUD architectes
  • Bureau d’études Structure : Setec als
  • Constructeur Métallique : SCOP Cabrol
  • Métallier : DEROUES

LAURÉAT CATÉGORIE FRANCHIR

RÉNOVATION DES PASSERELLES DE CORBEIL-ESSONNES

passerelle de la barre
Passerelle de la barre

Le projet concerne la réfection d’un ensemble de passerelles piétonnes du centre historique de Corbeil-Essonnes (Essonne), s’intégrant dans la rénovation globale de ses espaces publics. Deux ouvrages situés à une centaine de mètres l’un de l’autre ont été identifiés, à savoir la passerelle rivetée de la Barre ainsi que la passerelle fortement dégradée de Crété. À la suite d’un diagnostic structurel, le projet a consisté en une rénovation patrimoniale de la passerelle de la Barre ainsi qu’un remplacement de la passerelle Crété. Les deux brèches présentant de fortes similitudes, le projet a été pris comme l’occasion à la fois de montrer les vertus de réparabilité des structures métalliques et de proposer une réinterprétation des structures en treillis historiques avec les moyens contemporains. Pour la passerelle de la Barre, les parties d’acier corrodées ont été remplacées, en reprenant à l’identique les assemblages rivetés. Pour la passerelle Crété, la proposition consiste en une réinterprétation de la typologie de la poutre treillis, en utilisant des sections carrées du commerce et en profitant des potentialités formelles des soudures. Les diagonales comprimées suivent l’espacement dicté par la variation d’effort tranchant, alors que les verticales tendues régulières assurent également la fonction de garde-corps. Le système est complété par des billes métalliques ponctuellement soudées, qui évitent le flambement des diagonales tout en rappelant les surfaces sphériques des rivets.

Passerelle Crété
Passerelle Crété
  • Maîtrise d’ouvrage : Commune de Corbeil-Essonnes
  • Architecte : Atelier Tropisme Mécanique
  • Bureau d’études : IXO
  • Constructeur Métallique : MANANG
  • Métallier : ECMB
  • Photos : ConstruirAcier

LAURÉAT CATÉGORIE HABITER

56 TIVOLI

Tivoli

L’opération Tivoli est la restructuration audacieuse d’un immeuble de bureaux des années 80 en logements de standing. Cette métamorphose architecturale se dévoile depuis la rue sur les deux volumes de l’immeuble existant. Par un travail de transformation des façades rideaux, entièrement déposées pour le projet, la proposition crée une nouvelle séquence urbaine. L’espace résiduel entre la façade et la rue devient une frange active. De nouvelles terrasses et accès sont aménagés, permettant une connexion fluide entre intérieur et extérieur pour les logements, tout en proposant un filtre vis-à-vis de l’espace public. Les matériaux choisis incarnent cette nouvelle identité. Le bâtiment existant est purgé de ses éléments datés, amiantés et obsolètes pour libérer pleinement la structure porteuse poteaux-poutres et planchers béton. La nécessité de conserver les efforts et les charges sur la structure existante ont poussé les architectes à imaginer un système constructif hybride, qui permet de répondre aux contraintes de poids, de finesse, de sécurité incendie et de performance. Les éléments ont été millimétrés, construits hors site, et déployés in situ sur l’ensemble des façades du bâtiment avec une grande rapidité. Cette greffe technique sur l’existant détourne les codes de l’immeuble de bureaux initial (ossature apparente, trame répétitive, légèreté en façade) pour composer une nouvelle image résidentielle, contemporaine et vivante. En effet, les façades sont entièrement requalifiées et déclinent un système constructif employé généralement sur des bâtiments tertiaires : un manteau double peau composé d’une ossature métallique secondaire support de plateaux, venant porter un complexe d’isolant / pare-pluie rigide / bardage minéral clair, ponctué par des châssis vitrés généreux.

Tivoli

Cette nouvelle enveloppe retrouve les codes domestiques de l’habitat, tout en assurant une mise en œuvre efficace et adaptée à ce déjà-là, ainsi qu’une performance thermique et acoustique décuplée. Les nouveaux accès et terrasses préfabriquées en béton sont rapportés via une structure métallique, comme autant d’éléments emblématiques : des escaliers hélicoïdaux, des terrasses triangulaires audacieuses. Ces systèmes aux formes simples s’articulent de manière à libérer des interstices plantés généreusement, mettant à distance les espaces de vie privée des circulations collectives et offrant de nouvelles perspectives moins frontales. Chaque attache, console, rotule a été conçue sur mesure pour assurer une adaptation au cas par cas de l’ensemble structurel rapporté, maîtrisant ainsi des variations de distances, hauteurs, défauts de l’ossature béton existante. Au cœur de cet ouvrage technique rapporté sur une frange totalement imperméable, la nature retrouve dans le projet une place de choix. Rez-de-chaussée densément plantés, filins métalliques supports de plantes grimpantes, jardinières verdoyantes et toiture-terrasse végétalisée, viennent souligner ces nouvelles structures.

Tivoli
  • Maîtrise d’ouvrage : ICADE Promotion
  • Architecte : SAS Zweyacker & Associés
  • Bureau d’études : Storm Ingénierie
  • Constructeur Métallique : Lacoste Constructions
  • Métallier : De Paoli
  • Photographe : Yoris Couegnoux

LAURÉAT CATÉGORIE PATRIMOINE

LA COMMUNALE

La Communale

Construite en 1921 au cœur des Docks de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), l’ancienne halle Alstom constitue l’un des grands témoins du passé industriel du site. Sa double nef métallique de 12 500 m² déploie une architecture répétitive, rythmée par la succession des travées, des motifs structurels et des déformations qui donnent à l’ensemble une présence presque cinétique. Dès la conception du projet urbain, cet « espace capable » est préservé pour devenir une place publique couverte, ouverte à de nouveaux usages collectifs.
La transformation de l’édifice s’appuie sur une intervention attentive à l’existant. La dépose et le désamiantage des éléments minces de toiture s’accompagnent du renforcement des contreventements, de la protection des structures métalliques et de la reconstitution d’une enveloppe sur mesure, conçue pour limiter les surcharges. Les apports de lumière zénithale sont amplifiés et le comportement climatique des grands volumes est finement étudié afin d’adapter la halle à son changement d’usage.
L’acier demeure le fil conducteur du projet : il incarne à la fois l’identité industrielle du lieu, sa matière  constructive et une ressource conservée pour accueillir un nouveau récit. Dans l’une des nefs, une structure en bois forme un entresol conçu comme une « boîte dans la boîte ». Ce dispositif introduit lumière, chaleur et douceur, dans un dialogue assumé entre les matériaux. Devenue La Communale, la halle démontre la capacité d’adaptation du patrimoine industriel et sa faculté à se réinventer sans effacer son histoire.

La Communale
  • Maîtrise d’ouvrage : Frey
  • Architectes : Carta – Reichen et Robert Associés
  • Bureau d’études : T/E/S/S
  • Constructeur métallique : BRIAND
  • Métallier : SGS
  • Photos : ConstruirAcier

LAURÉAT CATÉGORIE TRAVAILLER

BIOME

Biome

Implanté à l’entrée ouest de Besançon, sur un ancien parking en pente face à l’ISBA de Josep Lluís Sert, Biome constitue une nouvelle porte d’entrée scientifique et écologique entre la ville et le campus. Porté par la Ville de Besançon pour l’Université de Franche-Comté, le projet réunit recherche, pédagogie et culture au sein du premier jardin botanique ouvert en France depuis 2010. Il requalifie un site délaissé, tout en préservant les continuités paysagères et en limitant l’artificialisation des sols.
L’architecture tire parti de la pente pour superposer les fonctions et réduire l’emprise du bâtiment. Les serres ouvertes au public occupent la partie haute, tandis que les espaces de recherche, d’entretien et de préparation s’installent en contrebas, en relation directe avec le parc. Haute de 12 m, la serre tropicale propose une immersion dans la canopée grâce à une passerelle suspendue ; la serre tempérée présente les stratégies d’adaptation des plantes aux milieux extrêmes. Les dispositifs techniques, volontairement visibles, font du bâtiment lui-même un support de transmission.
Conçu comme un « bâtiment-outil » inscrit dans une trame régulière de 5 m, Biome associe un socle minéral durable et réversible à un volume supérieur vitré, léger et démontable. La construction métallique contribue à cette recherche de finesse, de précision et d’économie de matière. Les assemblages simplifiés facilitent l’évolution future de l’équipement et le réemploi de ses composants.
Cette démarche, engagée en dehors de toute obligation de certification applicable aux serres, se traduit par des résultats mesurables : 80 % de composants réemployables, 200 000 litres d’eaux pluviales récupérables et une empreinte carbone d’environ 240 kg CO2e/m² pour le clos couvert. Biome affirme ainsi une architecture publique légère et démonstrative, où performance environnementale, usage et expression constructive ne font qu’un.

Biome
Photo : Nicolas Waltefaugle
Biome
  • Maîtrise d’ouvrage : Ville de Besançon, Grand Besançon Metropole
  • Architecte : Philippe Rizzotti Architecte
  • Bureau d’études : Carrière Didier Gazeau
  • Constructeur métallique et métallier : Obliger
  • Photographe : François Baudry

LAURÉAT CATÉGORIE VOYAGER

GARE VILLEJUIF – GUSTAVE-ROUSSY

Gare Villejuif-Gustave Roussy

Gare emblématique du Grand Paris Express, Villejuif – Gustave-Roussy organise la rencontre des lignes 14 et 15 à plus de 50 m sous terre. Son architecture se déploie autour d’un vaste puits central, véritable artère verticale qui rassemble les circulations des voyageurs, assure la ventilation et conduit la lumière naturelle jusqu’aux quais. En surface, ce vide devient le principe fondateur d’un espace public ouvert, lisible et largement éclairé.
Une couverture circulaire plissée de 40 mètres de diamètre protège le cœur de la gare tout en laissant circuler l’air et la lumière. Sa structure adopte le principe d’une roue de vélo précontrainte : une poutre treillis périphérique reçoit un réseau de tirants et de câbles convergeant vers un moyeu central. Cette géométrie permet d’affiner fortement les sections au centre de l’ouvrage et de franchir le vide avec une grande légèreté. Préassemblée, la structure a pu être mise en place en quelques heures de levage, réduisant les risques et les incidences sur le chantier complexe situé en contrebas.
L’ensemble est enveloppé d’une membrane en ETFE simple peau, tendue sur des profils d’aluminium suivant les crêtes et les vallées de la couverture. Légère, transparente et économique, elle accompagne les déformations de la structure avec davantage de souplesse qu’une verrière traditionnelle. Sur le parvis, deux ombrières circulaires prolongent ce langage constructif par une maille en inox spiralée, tendue entre des poutres radiales. Les reflets produits par l’inox miroir et les surfaces métalliques diffusent la lumière zénithale dans toute la profondeur de la gare. L’acier devient ainsi le support d’une architecture de la lumière, à la fois performante, précise et expressive.

Gare Villejuif-Gustave Roussy
Photo : ConstruirAcier
Gare Villejuif-Gustave Roussy
  • Maîtrise d’ouvrage : Société des grands projets
  • Architectes : Dominique Perrault Architecte
  • Bureau d’études : T/E/S/S – SETEC TPI
  • Constructeur métallique : Waltefaugle (charpente de la toiture) – GKD / CMA (couverture Maille métallique) – Taiyo Europe (couverture toile) – HORIZON (façade) – SMAC (Habillage métallique
  • Photographe : Anne-Claude Barbier

LAURÉAT CATÉGORIE COUP DE COEUR

HALLE À VÉLOS SOLAIRE DE LA GARE DU NORD

Hall à vélo - Gare du nord à Paris

Livrée en prévision des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, la halle à vélos solaire soutient le développement de l’intermodalité entre modes décarbonés au cœur de la gare du Nord. Conçue comme un toit léger de près de 1 700 m², cette ombrière métropolitaine offre un espace protégé à plus de 1 200 bicyclettes. Implantée au sein d’un environnement patrimonial majeur, la halle dialogue avec l’architecture d’Hittorff et la verrière plus récente de la halle Transilien. Sa géométrie reprend la trame décamétrique historique et emprunte aux codes des grandes halles ferroviaires : rythme, répétition, clarté constructive. La couverture en vitrages photovoltaïques produit de l’électricité renouvelable pour la plus grande gare d’Europe. Les lanterneaux, vitrages de 1977, réemployés de la « chenille » du Centre Pompidou, diffusent une douce lumière douce.
La halle à vélos solaire de la gare du Nord illustre la complémentarité de l’acier et du bois dans une composition constructive simple et sobre. Les poutres de bois reposent sur les tubes en acier galvanisé avec un soin particulier dans le dessin de l’assemblage et la complémentarité acier-bois-couverture solaire. Dans cette recherche d’évidence et de modularité, tous les manchonnages des tubes d’acier sont masqués. La conception de cette halle concrétise une approche post-carbone, soucieuse de légèreté écologique et attentive aux contraintes imposées par son implantation sur une dalle béton datant des années 1970.

Hall à vélo - Gare du nord à Paris
  • Maîtrise d’ouvrage : SNCF Gares & Connexions
  • Architecte  : SNCF Gares & Connexions – Direction de l’Architecture & de l’Environnement
  • Bureau d’études : AREP
  • Constructeur Métallique : CMBC
  • Métallier : SORECOB (couverture acier)
  • Photos : Guillaume Satre

MENTION INITIATIVE

L’ÉCHAPPÉE BIENNE – TROIS PASSERELLES ARTISTIQUES À MOREZ

À Morez (Jura), la Bienne a accompagné l’essor industriel de la ville, de la production de fils de fer à l’horlogerie, à l’émail puis à la lunetterie. Longtemps canalisée et rendue peu accessible, la rivière retrouve une place centrale grâce à « L’Échappée Bienne », engagée par la municipalité en 2016 pour associer renaturation, reconquête des berges et mobilités douces.
Artistes, architectes et ingénieurs ont été réunis autour de plusieurs passerelles conçues comme autant d’expériences de la rivière : le mouvement et les regards croisés, l’écoute, puis la contemplation. Au-delà du franchissement, ces ouvrages relient création contemporaine, mémoire industrielle et savoir-faire métallique local.

C=2ΠR=ΠØ – PASSERELLE SUR LA BIENNE – QUAI LAMY

Passerelle C=2πr=πø

Implantée face à l’entrée historique du lycée Victor-Bérard, C=2πr=πø est à la fois œuvre d’art, observatoire et lieu de rencontre. Sa géométrie elliptique, évidée en son centre, compose une petite place publique au-dessus de l’eau. Elle évoque les verres de lunettes, emblématiques de l’identité de Morez, tandis que les balustrades produisent un effet moiré, changeant selon les déplacements et la lumière.
L’acier donne forme à cette œuvre cinétique et associe finesse visuelle, accessibilité et performance structurelle. Le tablier repose sur un réseau de poutres principales et secondaires, complété par une tôle circulable épaisse. En portée unique isostatique, il combine un cheminement bas accessible aux personnes à mobilité réduite et aux cycles avec une plateforme centrale surélevée, invitant à parcourir l’ouvrage et à multiplier les points de vue. La structure est reliée à des fondations sur micropieux.

  • Maîtrise d’ouvrage : Commune de Hauts de Bienne
  • Architecte : Atelier Confluence Architecture
  • Bureau d’études : BI Ingénierie
  • Constructeur Métallique : Moureaux
  • Photographe : Aldo Amoretti

EAURICULE – PASSERELLE SONORE SUR LA BIENNE – JARDIN LAMY

Passerelle Eauricule

Implantée à l’entrée du jardin Lamy-Jeune, Eauricule aborde la Bienne par l’écoute et transforme la traversée en expérience sensorielle. Un miroir acoustique amplifie les sonorités du courant, tandis que trois instruments d’écoute en révèlent les nuances, du murmure au grondement et au jaillissement. La passerelle devient ainsi un instrument paysager, invitant les visiteurs à prêter attention à la présence de l’eau et à la diversité de ses rythmes.
La structure métallique donne sa finesse et sa précision à ce dispositif à la fois constructif, sonore et artistique. Des poutres en acier portent un tablier en caillebotis qui laisse percevoir la rivière sous les pas. Au-dessus du cheminement, un large toit en acier inoxydable poli forme le miroir acoustique, soutenu par de fins poteaux. Trois tubes coniques en laiton, rivetés et brossés à la main, traversent le tablier afin de capter au plus près les sons de la Bienne. L’association de l’acier structurel, de l’inox miroir et du laiton conjugue durabilité, qualité acoustique et présence expressive dans le paysage.

  • Maîtrise d’ouvrage : Commune de Hauts de Bienne
  • Architecte : Atelier Confluence Architecture
  • Bureau d’études : BI Ingénierie
  • Constructeur Métallique : Moureaux
  • Photographe : Aldo Amoretti

PASSERELLE DU PETIT QUAI – MOREZ

Passerelle du petit quai

La passerelle du Petit Quai repose sur un geste minimaliste : une ligne fine, dénuée de superflu, qui se glisse avec discrétion dans le paysage. Depuis les quais, l’ouvrage apparaît comme un simple trait d’union entre les deux rives. Sa géométrie atypique suscite pourtant la curiosité et renouvelle les points de vue sur la Bienne, sans rivaliser avec le caractère du site.
Plus qu’un passage, la passerelle devient un belvédère. Des assises intégrées invitent les promeneurs à ralentir, à s’attarder au-dessus de l’eau et à percevoir le mouvement du courant. Sobre et intemporelle, elle ne cherche pas à s’imposer, mais à révéler ce qui l’entoure. Le franchissement se transforme ainsi en lieu de pause, de rencontre et de contemplation, offrant aux habitants une nouvelle manière d’habiter la rivière et ses berges.

  • Maîtrise d’ouvrage : Commune de Hauts de Bienne
  • Architecte : À Part Architectes
  • Bureau d’études : PMM SYNERGIES & SOLUTIONS
  • Constructeur Métallique : Moureaux
  • Photographe : Aldo Amoretti
Pavillon de Barcelone