NOUVELLES TECHNOLOGIES ET IA AU SERVICE DE L’ARCHITECTURE
Vers une architecture 4.0

Investissant de nombreux champs et disciplines, les nouvelles technologies numériques et l’intelligence artificielle (IA) gagnent peu à peu le terrain de l’architecture. Retour sur la conférence qui explore les (r)évolutions, impacts et conséquences du BIM, de la conception artificielle paramétrique, du management de la data, de la réalité augmentée et de l’IA sur la pratique de l’architecture.

LES INTERVENANTS

  • Les concepteurs : maîtres de la donnée, Annalisa de Maestri, ingénieure, dirigeante de VP│BIM, filiale du groupe Valode & Pistre
  • Conception augmentée du projet avec l’IA, David Serero, architecte agence Serero Architectes, et enseignant-chercheur dans la chaire Intelligence artificielle à l’ENSA Paris-Val de Seine
  • Outils numériques : géométrie, calculs, fabrication et au-delà, Aurélien Trutt, directeur division Ingénierie et Innovation, Eiffage Métal
  • Les nouvelles technologies au service des concepteurs, Laure Delaporte, ingénieure Presales, et Samuel Stadler, directeur Support, Trimble Solutions France

Selon Annalisa de Maestri, la place de l’IA dans le processus de conception architecturale doit jouer le rôle de facilitateur en permettant des analyses en temps réel proposant une multitude d’options contraintes. De quoi offrir un véritable support d’aide à la prise de décision que l’utilisateur pourra filtrer et orienter. En partenariat avec Spacemaker, l’agence a ainsi entrepris un voyage technologique adapté aux réalités de la façon dont on construit en France. L’outil de faisabilité a notamment été testé pour les concours. En 42 heures, et sur une vingtaine de combinaisons, après analyse des variantes possibles, filtrage par objectifs, choix de la meilleure variante, ajustement manuel et, enfin, base fonctionnelle du projet, l’outil a proposé au chef de projet diverses possibilités. « En maîtrisant les évolutions du métier, on peut aller beaucoup plus vite pour les décisions, accéder à une multitude d’analyses que l’on n’avait pas avant sur certaines phases et donc pouvoir se concentrer plus encore sur la conception, constate-t-elle. Ces outils ne sont pas là pour supprimer le travail des concepteurs. Bien utilisés, ils en facilitent une partie. » Mais où en sommes-nous, aujourd’hui, dans la recherche en IA ? Selon David Serrero, ce nouvel environnement de données va permettre de fournir de nouveaux services, et il est essentiel que les architectes ne l’abandonnent pas aux seuls ingénieurs et informaticiens. « Les architectes doivent pouvoir programmer leurs outils pour ne pas être dépendants de ceux des autres », affirme-t-il. Et d’exposer le travail de jeunes chercheurs à l’ENSA Paris-Val de Seine sur l’impact de ce nouvel environnement de données sur la conception architecturale. S’appuyant sur quatre projets phares – Interconnexions transports en commun & technologies câbles avec la RATP, la Fondation Luma et ses coques complexes, la fabrication d’une vêture pour la Riyad Canopy en Arabie saoudite et la maintenance de la tour Saint-Gobain à La Défense –, Aurélien Trutt a témoigné de l’usage du BIM dans la transition numérique. L’objectif : défier la complexité en identifiant les outils numériques destinés à accompagner la performance sur les projets architecturaux. Enfin, tout en rappelant les enjeux de la numérisation et la valeur des données numériques, précieuses si elles sont accessibles, faciles à comprendre et à partager, Samuel Stadler a présenté toute la gamme de produits dédiée à la conception numérique du bâtiment dans les domaines des stations de positionnement, du scanner 3 D, de la réalité augmentée et de la robotique.