LUMIÈRE, MATIÈRE PREMIÈRE DE L’ARCHITECTURE ?

Construire, révéler et renouveler les espaces et les volumes

Matériau de l’architecture, la lumière s’impose comme un élément fondamental dans le processus de conception. Alliée de l’architecte, elle guide son écriture et rend lisible l’organisation des espaces. Révélée, l’architecture acier se transforme sous la lumière changeante des saisons. Invitée spéciale de la conférence « Lumière, matière première de l’architecture ? » organisée par ConstruirAcier le 22 janvier dernier, elle a permis aux différents intervenants d’exposer le rôle majeur de la lumière naturelle dans leurs projets. 

LES INTERVENANTS 

• Lumière, matière abstraite
Olivier Leclercq, architecte et photographe d’architecture, vice-président de la Maison de l’architecture Île-de-France
• La lumière cendrée de l’acier
Jean-Pierre Tahay, directeur du pôle Constructions architecturales, Fayat Métal
• La lumière, hygiène mentale, substance troquée
Francis Soler, architecte, agence Francis Soler Architecte
• Surface patrimoniale, le mur miroir de l’Hôtel Barrière Le Fouquet’s Paris
Julien Paulré, architecte associé fondateur, agence Vous Êtes Ici
• De lumières et de reflets, la réhabilitation des tours Nuages à Nanterre,
Philippe Vignaud et Dominique Renaud, architectes urbanistes, agence RVA (Renaud et Vignaud Associés) 

Grand témoin de la conférence, il a ainsi proposé, plutôt qu’un long discours, une lumineuse déambulation architecturale où acier et lumière composent tout un art de la variation. Légèreté, ouverture sur le ciel, dématérialisation des bâtiments, des façades, réflexion diffractée… le duo lumière/architecture acier se révèle dans toutes ses splendeurs. Expert de l’acier, Jean-Pierre Tahay a rappelé, dans son exposé intitulé « La lumière cendrée de l’acier », l’interaction entre matière et lumière avant de proposer un vaste tour d’horizon de projets acier. Le mariage de celui-ci et du verre, l’extrême finesse des structures métalliques, les brise-soleil en acier ou inox… tout un panorama de solutions en acier dédié à la mise en valeur de la lumière. 

Qui mieux qu’un architecte pour parler de la lumière dans l’architecture ? Peut-être un architecte, photographe d’architecture ? Dans ce cas précis, c’est Olivier Leclercq qui, sac à dos rempli d’appareils et d’objectifs, déambule à travers les rues, sillonne les paysages, explore les contrées et photographie inlassablement édifices et ouvrages. Un carnet de bord du sensible qu’il partage généreusement depuis 2012 sur son compte Instagram.

L’architecte Francis Soler, chantre de la pérennité et de la lumière a, à son tour, souligné le rôle fondamental de cette dernière, véritable matière première de son architecture. Avec plus d’une quinzaine d’ouvrages à son actif, il a évoqué avec justesse et passion son rapport à la lumière dans ses projets architecturaux. « Tout ce qui m’intéresse, c’est la lumière en quantité avant d’être en qualité esthétique, souligne-t-il. C’est physique, puissant, on ne peut s’en séparer. Le but, c’est donner de la lumière à un maximum de gens. » Un parti de pleine lumière qu’il met en oeuvre dans ses projets de logements sociaux et d’équipements. Totalement inédit, celui de d’extension de l’Hôtel Barrière Le Fouquet’s Paris, imaginé par Julien Paulré et les architectes de l’agence Vous Êtes Ici, joue pleinement sur son intégration contextuelle : l’habillage d’un mur pignon sur toute sa hauteur, d’une installation contemporaine faite de panneaux assemblés en inox poli miroir d’une hauteur de 18 m sur quatre niveaux. Cet écran réfléchissant vient ainsi agrandir la cour (140 m²) en la dédoublant, capture la lumière et ouvre l’espace davantage vers le ciel. L’architecte Philippe Vignaud et la graphiste Amélie Lebleu ont enfin présenté le projet de réhabilitation thermique et de réinterprétation artistique des tours « Nuages » à Nanterre, l’iconique cité Picasso d’Émile Aillaud, qui constitue un ensemble unique : 18 immeubles aux formes arrondies intégralement couverts de motifs en mosaïque. Une dégradation irréversible de leurs façades a rendu nécessaire un projet « d’isolation et la réinterprétation artistique » de ces bâtiments. La proposition de l’agence RVA consiste en une vêture en inox venant épouser la géométrie complexe des tours. Cette intervention radicale exploite au mieux les caractéristiques de l’acier, lequel permet une restitution fidèle des courbes des immeubles, tandis que l’inox, teinté dans la masse, animera de ses reflets les différentes façades.

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