KARLA VALLADARES PALLUEL

Passionnément digitale B2B

Responsable de la digitalisation pour ArcelorMittal Distribution et les centres de services en Europe de l’Ouest, Karla Valladares Palluel est en veille technologique permanente. Curieuse et passionnée, elle accompagne l’entreprise dans sa mutation numérique. En veillant à toujours placer l’humain au coeur de la transformation. 

Photo : Inès Lamagnere

QUEL EST VOTRE PARCOURS ? 

Je dirais que mon parcours professionnel est plutôt… atypique. Née au Honduras, ma mère, diplomate et avocate, m’a toujours donné l’exemple. Grâce à elle, j’ai passé une première partie de ma scolarité aux États-Unis, à Miami, où j’ai appris l’anglais, puis en Belgique, dans une école française. De retour au Honduras, j’ai entamé des études en droit international et obtenu mon diplôme d’avocate. Bien que Latino-américaine, j’ai toujours eu un lien très fort avec la France. Je me suis toujours bien identifiée à cette culture, cette manière de voir et de penser. J’ajouterais aussi que la situation des femmes dans la société y est nettement plus valorisante que dans les pays latins… J’ai quitté le Honduras et suis partie vivre à Paris pour étudier à la Sorbonne où j’ai décroché un master en droit de l’environnement. Avocate, j’ai pourtant opéré un virage complet de carrière en travaillant dans une société américaine de sports extrêmes en tant que directrice marketing pour l’Europe de l’Ouest puis pour la France. C’est là que j’ai découvert ma vocation pour le commerce B2B, entre professionnels, plus authentique et plus orienté vers des solutions communes. J’ai énormément appris, en voyageant dans toute l’Europe, en travaillant dans un environnement multiculturel et, surtout, en démarrant des projets on line B2B2C avec des clients magasin de la marque. Curieuse de nature et passionnée, je me suis plongée dans l’univers du digital et autoformée grâce à internet et à mes rencontres professionnelles on line et off line. Après une année d’études dans le domaine purement technique du développement e-commerce, j’ai travaillé pour une très belle PME à Reims en tant que responsable projet e-commerce B2B. Le poste m’a permis de m’adapter au business et à la façon de travailler des commerciaux. J’ai orienté nos actions vers le digital. Mais c’est en mai 2018 que survient ce pourquoi j’avais travaillé depuis si longtemps : un poste à pourvoir en tant que responsable digitalisation chez ArcelorMittal Distribution à Reims. 

ACCOMPAGNER UN MONDE INDUSTRIEL, CELUI DE L’ACIER, DANS SA TRANSFORMATION NUMÉRIQUE, C’EST UN VRAI CHALLENGE. UN CHOC CULTUREL ? 

Je connaissais évidemment le business du B2B, mais pas l’univers de l’acier. C’est la rencontre de deux mondes : l’industrie et le digital. L’équipe d’ArcelorMittal Distribution était prête à cette transformation et avide de gens « disruptifs ». Nous sommes allés sur le terrain pour rencontrer les commerciaux, découvrir leur quotidien business, comprendre la relation avec les clients, expliquer les enjeux pour relever ensemble les défis du digital. À l’époque, 1 % de nos clients France se disait prêt à acheter en ligne. Aujourd’hui, nos ventes sur e-steel. arcelormittal.com représentent 20 % des commandes du marché français. Proche de ses clients, l’entreprise y a cru et s’est donné les moyens de réussir cette transformation. En recrutant des jeunes dynamiques avec un « digital mindset », bien sûr, mais aussi en travaillant main dans la main, en équipe avec l’informatique, le business et le terrain et en misant sur l’accompagnement au changement. D’une équipe de six personnes, nous sommes passés à une gouvernance Europe de l’Ouest composée de 35 co-équipiers. 

Nous travaillons en mode agile avec des outils informatiques dédiés. Et après des débuts en mode « start-up », nous déployons aujourd’hui une vraie stratégie digitale. Nous avons conçu et développé, en France, Italie, Espagne, Belgique et Pays-Bas, e-steel.arcelormittal.com, une plateforme d’e-commerce particulièrement aboutie en termes de prix, de visibilité de stock et de fonctionnalités. Toutes les solutions sont interconnectées, comme le CRM, une machine d’intelligence artificielle sur la big data reliée au site Web France pour proposer les meilleurs prix à nos clients. Tous les projets ont pour but de répondre aux besoins de ces derniers, de leur apporter des services complémentaires 24/24 et 7/7 sans oublier l’implication des forces de vente dans cet accompagnement. Mais les outils digitaux ne font pas tout. Si vous ne placez pas l’humain au coeur du dispositif et le sponsorship du top management, c’est l’échec assuré. En France, nous sommes pilotes au niveau digital, à l’écoute des retours clients et des contraintes des commerciaux. C’est d’autant plus passionnant que nous ne sommes pas les seuls à être impliqués, puisque les autres business units d’ArcelorMittal s’inspirent de nos projets. Nos clients évoluent, nous réfléchissons à leurs besoins de demain. 

JUSTEMENT, QUEL EST LE PROCHAIN CAP DANS LA TRANSFORMATION NUMÉRIQUE DE L’ENTREPRISE ? 

Les challenges sont bien évidemment nombreux, mais je dirais que nos objectifs principaux visent, d’une part, à réaliser, en 2025, 50 % des commandes en ligne pour l’Europe de l’Ouest, d’autre part, au niveau stratégique, à devenir la « marketplace » d’ArcelorMittal sur le site Web e-steel.arcelormittal.com et, plus tard, avec des partenaires externes. Ce qui nous permettrait de pouvoir proposer à nos clients des gammes complémentaires on line. C’est une grande ambition, certes, mais, après ces deux années, nous sommes toujours autant disruptifs et motivés !