GARE DE VILLEJUIF – GUSTAVE ROUSSY À VILLEJUIF
Un mégasilo ouvert sur le ciel
Le réseau du Grand Paris Express a ouvert en janvier 2025, après huit ans de travaux, la nouvelle gare de Villejuif – Gustave Roussy dessinée par l’architecte Dominique Perrault. Cette immense boîte en forme de cylindre – de 48 m de profondeur et neuf niveaux, et intégrant 32 escalators – représente la deuxième gare la plus profonde du métro parisien, après celle de Saint-Maur – Créteil. Sa mise en œuvre a fait figure de véritable prouesse technique !

UN PUITS DE LUMIÈRE DE 48 M DE HAUT
Cette gare monumentale high-tech de Villejuif – Gustave Roussy s’implante en hauteur sur le plateau de Longboyau, au cœur du parc départemental des Hautes-Bruyères. Située sur la ligne 15 sud et vouée à relier le pont de Sèvres à Noisy-Champs d’ici 2026, elle assure l’interconnexion avec la ligne de métro 14 prolongée et accueillera jusqu’à 100 000 voyageurs par jour. Ce « lieu d’échange » desservira également la ZAC Campus Grand Parc et l’Institut Gustave Roussy, premier centre de lutte contre le cancer en Europe. La gare, qui occupe un espace urbain au centre d’un parvis arboré, compte deux quais souterrains superposés, à 37 et 48 m de profondeur et est équipée de six accès. « Il faut imaginer cette gare comme un connecteur du monde du dessous au monde du dessus – et inversement –, explique l’architecte Dominique Perrault. C’est un grand cylindre, ouvert et vide, d’un diamètre de 70 m. L’espace de 30 m, évidé à l’intérieur et entouré de galeries en balcons, abrite de grands escalators. » Si l’accès à la gare pour tous s’effectue jusqu’au niveau -2, les deux premiers niveaux de galeries, en balcon et en surplomb sur le vide central, hébergent commerces et services, créant une continuité avec l’espace public du dessus.




DÉCLINAISON DE TEXTURES ET MAILLES INOX
« Le projet favorise la lisibilité de l’espace et des circulations. Dès la sortie des quais, reliés au vide central, l’usager s’oriente et se repère aisément, indique l’architecte. Depuis les deux niveaux de quais – les deux lignes de métro s’insérant dans deux tunnels superposés –, des escalators permettent de rejoindre la surface, guidés par la lumière naturelle. » Pour passer des niveaux R-2 à R-6, quatre escaliers mécaniques géants (en structure acier montée au préalable par le génie civil) se croisent. « En contact direct avec les quais, le vide central et les circulations en balcon sont baignés de lumière naturelle, à l’air libre. », ajoute-t-il. Le défi d’éclairer et ventiler naturellement le plus loin possible cette infrastructure profonde évite tout désenfumage. La couverture spectaculaire du puits de lumière compte trois toitures. La couverture centrale, circulaire et transparente de 70 m de diamètre, comprend une poutre périphérique acier, sur laquelle sont fixés des tirants et câbles liaisonnés au moyeu central de la gare, l’« œil ». Sur ces câbles sont tendus des panneaux en ETFE (éthylène tétrafluoroéthylène) offrant transparence, résistance et légèreté au dispositif. Les deux autres toitures – en forme de disques non concentriques placés à deux hauteurs – rayonnent sur le parvis et le protègent du soleil. Elles comportent des lés de maille métallique spiralée en inox, tendus entre des poutres radiales, le fût intérieur se parant de fils argentés d’aluminium. L’inox se décline sous diverses textures et formes – lisse, perforé, maillé, poli, miroir, satiné – et crée de multiples reflets et brillances.

- Maîtrise d’ouvrage : Société des grands projets (SGP)
- Maîtrise d’œuvre Ingénierie : Setec
- AMO : Artemis/groupement Artelia + Arcadis + BG
- Maîtrise d’œuvre Architecture : Dominique Perrault Architecte
- BET structure, façades, couverture ETFE : TESS