Collège Anne-Frank Montchanin

Le collège réinventé

Construit en 1967 à Montchanin, le collège Anne-Frank, un des derniers collèges à structure métallique de type Pailleron de Saône-et-Loire, a fait l’objet d’une extension-restructuration atypique misant sur la matière, la couleur, la lumière et le végétal. Une superbe réponse architecturale et paysagère qui requalifie le cadre pédagogique global en lui conférant un authentique statut d’équipement public en harmonie avec son environnement.

Construit en 1967 à Montchanin, le collège Anne-Frank, un des derniers collèges à structure métallique de type Pailleron de Saône-et-Loire, a fait l’objet d’une extension-restructuration atypique misant sur la matière, la couleur, la lumière et le végétal. Une superbe réponse architecturale et paysagère qui requalifie le cadre pédagogique global en lui conférant un authentique statut d’équipement public en harmonie avec son environnement.

Depuis plusieurs années déjà, le département de Saône-et-Loire s’est engagé dans une démarche visant à rénover les anciens collèges à structure métallique construits sur son territoire. Objectifs : intégrer les évolutions récentes des pratiques pédagogiques et rendre les locaux accessibles aux personnes à mobilité réduite. Le projet d’extension-restructuration du collège Anne-Franck de Montchanin, conduit par l’atelier d’architecture et d’urbanisme Marjolijn Boudry & Pierre Boudry (MB & PB), s’inscrit dans ce cadre. Au-delà de la seule intervention sur les deux bâtiments à structure métallique, c’est tout l’ensemble des fonctions et des liaisons qui a été repensé avec une réorientation globale du site, une nouvelle composition en plan masse.
Pour parer à la multiplicité des accès et au morcellement des espaces extérieurs, les architectes ont recréé une entrée principale unique pour les collégiens, clairement identifiée sur un vaste parvis, tandis qu’une façade urbaine végétale et humide est aménagée en lieu et place des bâtiments à structure métallique. Une séquence paysagée qui, selon les vœux des architectes, génère en profondeur le lieu où renouent collège et campagne, « le collège au cœur d’un parc en harmonie avec l’essence du territoire, les étangs, les espaces minéraux, la force du patrimoine ».

L’AUTOPATINABLE EN SIGNATURE

Bâtiment signal, le nouvel externat s’établit en fond de cour et compose une grande « équerre péda­gogique » avec le bâtiment restructuré. Dans sa continuité, deux nouveaux logements sont conçus comme une « villa dans les arbres ». La perception du site s’établit désormais en profondeurs successives par le jeu du nouveau traitement paysagé, la noue de rétention,
le mur de gabions, le rideau d’arbres existants renforcés de plantations, les îles de nouveaux arbres.
La cour de récré­ation, elle-même, ressemble à une clairière. Et ce changement de paradigme trouve toute sa puissance et sa matérialité dans l’acier autopatinable.
En référence au patrimoine industriel de la région, creuset de la métallurgie, il se décline et fabrique ainsi l’entièreté du collège : en façade, sous-faces, surtoiture, lame de clôture jusqu’à s’immiscer au cœur de l’espace pédagogique sous forme de grandes feuilles gravées, supports de signalétique intérieure. Utilisé bien sûr pour son aspect et sa résistance aux conditions atmos­phériques, il donne toute sa précision, son élégance
et sa signature à ce collège réinventé.


Maîtrise d’ouvrage : Département de Saône-et-Loire
Architectes : Atelier d’architecture et d’urbanisme Marjolijn Boudry & Pierre Boudry
Photos : Takuji Shimmura

Le patio en toute sérénité.
La patine du paysage par-dessus les toits.
Maîtrise d’ouvrage : Département de Saône-et-Loire Architectes : Atelier d’architecture et d’urbanisme Marjolijn Boudry & Pierre Boudry Photos : Takuji Shimmura
Le parvis entre les arbres.
Supports de signalétique intérieure, de grandes feuilles gravées en acier autopatinable.
L’ouverture des salles en belvédère.
Doc. : MB&PB
Déploiement des volumes sur la cour.